En quoi les technologies mobiles sont-elles particulièrement en train de vivre une révolution? 

L’évolution actuelle et rapide de ces technologies est fascinante. Autrefois, c’était la croix et la bannière pour essayer de se connecter à internet avec un téléphone portable. Aujourd’hui, pour caricaturer, je dirais que c’est même plus rapide sur le téléphone que sur l’ordinateur. C’est un tournant important car les autoroutes de l’information arrivent juste au creux de notre main. Cela bouleverse radicalement plusieurs aspects de notre vie. Le consommateur agit, par exemple, différemment. Avant de faire un gros achat dans un magasin, il aura souvent le réflexe de comparer les prix sur son smartphone. Il en va de même pour ces questions que l’on se posait tout au long de la journée il y a quelques années et dont nous oubliions ensuite de trouver la réponse. Maintenant, on peut tout savoir sur tout, en deux clics sur Wikipedia. 

Avez-vous vraiment l’impression que les comportements que vous décrivez concernent tout le monde?

A terme, oui. Tout indique que les terminaux d’entrée de gamme vont se populariser dans quelques années et la démocratisation des technologies mobiles atteindra la Chine ou l’Inde. Dans nos pays européens, la majorité du grand public maîtrise l’utilisation des smartphones, mais c’est vrai qu’il y a encore un progrès à faire sur ce point. Il est nécessaire que nous soyons instruits, dès l’école, au fonctionnement et à la bonne utilisation des autoroutes de l’information. Il y aurait donc un travail à faire avec les enseignants, entre autres. Cette responsabilité pédagogique doit aussi être partagée par les médias afin d’éviter que nous devenions esclaves de ces nouvelles technologies. 

En quoi le marché des télécoms et des nouvelles technologies est-il modifié par ces innovations?

J’ai l’impression que les opérateurs se cherchent encore au sujet du mode de tarification. Swisscom a opté pour un coût de l’abonnement en fonction de la vitesse, mais les concurrents ne s’alignent pas. Il y a une différence d’intérêt et de conception parmi les opérateurs. Dans les années à venir, si le réseau mobile des opérateurs devait être surchargé, la vitesse deviendrait probablement un luxe pour lequel il faudra payer. Cela dépendra en partie des réflexes des consommateurs. Vont-ils prendre l’habitude de se connecter à internet via une clé 4G même à la maison pour éviter de passer par un wi-fi? Les terminaux mobiles vont-ils encore se multiplier?

Au vu des avancées phénoménales du réseau mobile risque-t-il justement de se supplanter au réseau internet fixe? 

Non, je ne le pense pas. Le réseau de fibre optique est en train de s’étendre et permettra de profiter de débits, en pratique, plus rapides. UPC Cablecom promet, par exemple, des vitesses allant jusqu’à 150 mégabytes par seconde. 

Mais de telles vitesses sont-elles vraiment utiles pour le particulier? 

Pour un usage courant, à moins d’être un téléchargeur maladif, cela ne sert à rien. Pour un consommateur normal, une ligne à 10 ou 20 mégabytes par seconde est amplement suffisante. En fait, ces chiffres sont essentiellement des arguments marketing. Plutôt que de s’intéresser aux chiffres, il vaut mieux comparer les services des différents câblo-opérateurs. On remarque alors que Swisscom ainsi que certains autres acteurs de tailles plus modestes innovent et possèdent une offre intéressante. Concernant Swisscom, leurs services simples d’utilisation et très complets notamment en matière de télévision en font, à mon avis, l’offre la plus intéressante actuellement. D’ailleurs, ils sont en train de gagner des parts de marché sur tous les terrains et cela pourrait nous obliger à nous poser certaines questions politico-économiques.