Quelle place occupe l’informatique dans le quotidien des médecins suisses?

C’est simple, les médecins l’utilisent presque uniquement pour gérer la facturation. Seuls 20 à 30 pour cent profitent de l’informatique pour gérer les dossiers médicaux, contre plus de 80 pour cent en France ou en Allemagne. Il est donc indéniable que notre pays a un petit retard dans ce domaine. 

Qu’est-ce qui pourrait entraîner le corps médical à utiliser davantage les outils informatiques? 

La confédération suisse est actuellement en train de préparer le cadre légal du dossier médical centralisé. Il s’agira donc, dans un futur proche, de regrouper toutes les informations des patients sur des serveurs sécurisés qui seront accessibles par tous les médecins voire également par les patients eux-mêmes. 

 

Mais quels sont les avantages? 

Ils sont multiples. D’abord, le médecin économise du temps sur l’administratif et peut mieux se concentrer sur sa tâche médicale. Ensuite, la communication entre les différents professionnels de la santé sera considérablement facilitée et accélérée. Aujourd’hui, les dossiers et les images transitent par courrier, ce qui retarde systématiquement tout le processus de plusieurs jours. Enfin, le patient pourra interagir avec son médecin mais également avoir accès à ses données et les enrichir via internet. Par exemple, une femme pourra y insérer des informations sur ses cycles, ce qui permettra à ses médecins de mieux la traiter. Tout cela pourra même se faire avec une tablette numérique ou un téléphone portable. 

N’y a-t-il pas de risques pour la sécurité des données? 

Ils sont minimes. Notre entreprise, par exemple, est également active dans le e-Banking. Nous appliquons exactement les mêmes standards de sécurité aux données médicales. Ainsi, nous évitons tout risque de piratage ou d’utilisation abusive des informations personnelles. Mais, afin que la transition vers le numérique se passe sans problème, il est essentiel de faire confiance à des acteurs du marché qui jouissent déjà d’une expérience dans la sécurisation des données. De cette manière, les innovations qui étaient auparavant destinées à de grandes entreprises pourront être utilisées par les cabinets de médecins.