Pour le grand public, si le mot «fintech» a été mentionné maintes fois dernièrement, il n’évoque encore pas grand-chose. Rappelez-nous en deux mots en quoi ce terme correspond à une nouvelle réalité dans le monde financier.

Il s’agit d’une suite continue d’innovations dans le domaine numérique qui impacte le domaine de la finance, tant les paiements, les investissements et la gestion de fortune que le domaine des assurances.

La technologie appliquée au domaine bancaire n’est pas un phénomène nouveau, mais la fintech transforme certains modèles d’affaires, parfois de manière drastique.

Suisse et basé à Londres depuis dix ans, comment percevez-vous votre pays d’origine sur la scène globale des centres d’innovation digitale et plus spécifiquement dans le domaine des technologies financières?

Si la Suisse est réputée dans le secteur de l’innovation elle n’est pas réputée pour aimer les changements. En Suisse, la place des fintechs est petite en comparaison à la taille de sa place financière.

Beaucoup de sociétés actives dans ce domaine sont basées à Zurich, suivi de la région lémanique.

Mais la situation évolue dans le bon sens, sachant par exemple que les investissements dans les start-up ont augmenté de 35% en 2016 dans le domaine ICT.

Est-ce que la Suisse peut encore utiliser la renommée de sa place financière, notamment dans le domaine du Wealth & Asset Management?

«La technologie fournit une puissance de calculs quasi illimitée, utiles à l’analyse de risques liés à la situation économique ou politique»

Oui, à commencer par sa stabilité en dépit des taux bancaires négatifs et de la fin du secret bancaire. Les perspectives de développement y sont importantes.

Au travers de partenariats stratégiques, nous souhaitons ainsi connecter la Suisse à l’écosystème global d’innovation dans ce domaine, une branche de la fintech appelée WealthTech.

Pourriez-vous citer quelques exemples d’applications dans lesquels des applications fintechs proposent déjà des services concrets éprouvés par la clientèle bancaire?

J’en citerai deux: la démocratisation de l’accès à des investissements via des plates-formes digitales ainsi que l’analyse massive de données utilisées dans la gestion de fortune.

La technologie fournit une puissance de calculs quasi illimitée, utiles à l’analyse de risques liés à la situation économique ou politique.

Quelles sont les tendances de financement utilisées dans la fintech pour le développement d’une idée?

Globalement, les nouveaux entrepreneurs actifs dans ce domaine s’autofinancent au début. Par la suite, ils rentrent en contact avec des cercles d’investisseurs. C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous avons créé un partenariat avec The Swiss ICT Investor Club (SICTIC).

Comment voyez-vous l’évolution du marché fintech en Europe en termes d’offre et de demande?

Elle s’appuie sur un changement de paradigmes dans la manière de gérer l’innovation. Les banques ont tout intérêt à utiliser les fintechs comme sources externes de développements technologiques, sans remettre aussitôt leur modèle en question.

Nos partenariats avec les institutions locales vont fournir une plateforme virtuelle connectée internationalement où nous permettrons de tester des solutions fintechs de manière rapide et concrète afin d’améliorer le retour sur investissement des activités liées à l’innovation.

Avec pour objectif à termes, de rapprocher la Romandie de Londres et ainsi implanter les innovations fintechs en Suisse.