Pouvez-vous nous présenter le Salon Swiss IT Business (SITB), quels sont les acteurs? Les objectifs du salon? 

Le Swiss IT Business est le plus grand salon romand dédié aux logiciels et aux solutions IT pour l’entreprise. Il regroupe les principaux prestataires du marché (éditeurs, intégrateurs et revendeurs) et se présente sous forme d’une exposition complétée par près de 130 conférences sur les deux jours du salon.

L’objectif est de mettre en relation prestataires et responsables informatiques de sociétés suisses de toutes tailles au travers de rencontres d’affaires sur les stands et de partage de connaissances via les conférences.

Le salon est un réel baromètre du marché, et permet d’avoir une vision des sujets importants qui agitent le secteur. Je retiendrai cette année le GDPR, le cloud, la sécurité, la data et les chatbots qui sont en pointe dans cette nouvelle édition.

Comment se porte le marché suisse, comment évolue-t-il? 

Le marché se porte bien, les dernières études parlent d’une augmentation des budgets IT dans près de 33% des entreprises suisses et d’un budget stable pour plus de 50% d’entre elles, avec au cœur des dépenses: la transformation numérique.

Nous voyons aussi cette bonne santé côté prestataires puisque le Salon SITB sera le plus gros organisé depuis son lancement en termes de nombre d’exposants.

Quelles sont les nouvelles attentes des entreprises?

Principalement, continuer et finaliser leur transformation numérique, installer cette transformation au sein de sa structure avec parfois des changements importants, voire des bouleversements. Pour accompagner cette transformation un autre grand besoin est de former ses collaborateurs ou de recruter ce qui, en cette période de tension sur le marché du travail, est une problématique. 

On voit régulièrement que la nouvelle réglementation européenne GDPR pose beaucoup de questions. Quelles sont les principales interrogations?

La principale interrogation est: suis-je «éligible» à cette réglementation? On parle d’une réglementation européenne, donc logiquement non applicable en Suisse. Pourtant ce sera le cas pour une majorité des sociétés suisses car on parle beaucoup de GDPR mais on évoque encore assez peu la LPD (loi fédérale sur la protection des données) qui est une loi suisse qui «se rapprochera du règlement GDPR» et qui entrera en vigueur fin 2018.

La seconde interrogation est: suis-je vraiment éligible au-delà du caractère purement juridique? La réponse est oui si je collecte et stocke des données quel qu’en soit le moyen depuis le web (vente en ligne, formulaire de contact, publicité ciblée…).

Nous parlons ici de données nominatives, permettant une identification de l’internaute. Et enfin une autre source d’interrogation est: comment ça marche? Je dois avouer avoir lu et relu le texte et reste assez perplexe… sans doute le recours à un spécialiste semble judicieux.

Quel est votre avis sur cette nouvelle réglementation? Risque-t-elle de bouleverser le secteur? 

Je ne pense pas que cela va provoquer un bouleversement. Il est certain que ceux dont le business est tourné autour de la donnée: collecte, gestion, traitement, voire revente… devront sans doute adapter leur stratégie et leur communication.

L’important reste que l’internaute soit clairement informé, qu’il puisse accéder à ses informations personnelles et puisse les supprimer aisément. C’est au final lui qui décidera ou non de confier ses données.