Quand on lance une start-up, posséder le meilleur produit au monde ne suffit pas. On a généralement peu de moyens, peu de clients et peu de crédibilité. Dans un contexte économique difficile, la quête d’un brevet est alors une question de survie. «Protéger ses idées et ses données est indispensable. Un brevet donne de la valeur à l’entreprise», explique Christophe Saam, directeur du cabinet neuchâtelois P&TS SA, spécialisé dans la propriété intellectuelle et la protection des inventions.

Persuader les investisseurs

L’objectif du brevet est d’abord de protéger le savoir-faire de l’entreprise. La start-up divulgue entièrement son invention mais obtient en échange un droit exclusif de 20 ans et l’autorisation de poursuivre ceux qui viendraient à le violer. Ce droit est délivré au travers des offices de brevets de chaque pays à travers le monde où l’invention sera protégée.

«Cela permet à la start-up de s’octroyer des marchés pour se développer. Mais c’est également une question d’image. La société prouve qu’elle est inventive, ce qui l’aide à séduire des investisseurs», précise Christophe Saam. Car la logique financière est simple: personne ne s’engage là où un produit risque d’être copié.

De 5000 à 50 000 francs

Autre avantage: la technologie brevetée peut être exploitée sous licence par d’autres entreprises. Par exemple, un procédé dans l’horlogerie peut très bien être utilisé dans l’automobile. «La start-up touche non seulement de l’argent en retour, nécessaire à sa croissance, mais s’ouvre d’autres marchés. Le transfert de technologie devient ainsi possible», ajoute Christophe Saam.

Chaque année, plus de 2500 brevets sont déposés en Suisse. Chaque dépôt suisse coûte entre 5 000 et 8000 francs. Il faut compter environ 40 000 francs supplémentaires pour une protection en Europe et aux Etats-Unis.