Pouvez-vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaîtraient pas?

J’ai 25 ans, je suis entrepreneur depuis cinq ans. Mon parcours est un peu atypique puisque j’étais sportif de haut niveau, en natation. Cela m’a permis d’avoir un mental très entraîné. On y était formé pour apprendre de nos échecs, ça m’a beaucoup servi. J’ai dû arrêter pour me concentrer sur mes études.

En arrivant à la Haute Ecole de gestion, à Yverdon, j’ai développé une cellule de cours d’appuis de comptabilité pour les élèves. Là, je me suis rendu compte que la façon d’apprendre que j’avais mise en place en dehors de l’école me convenait mieux que celle des cours, même si je les trouvais intéressants.
 

J’ai donc quitté l’école pour me lancer dans les start-up. J’ai développé une autre plate-forme web où les étudiants pouvaient proposer des services pour arrondir leurs fins de mois. Ensuite, j’ai créé une marque de bracelets de luxe avant The Shared Brain.
 

De quoi s’agit-il?

C’est un réseau international d’entrepreneurs que l’on développe chaque mois. Prochainement, nous allons nous lancer à Barcelone, Madrid et Amsterdam, en plus des 20 villes où nous sommes présents. On anime ce réseau avec des événements pour les entrepreneurs locaux. Par exemple, en avril nous aurons un de nos deux hackathons annuels à Genève, sur le thème de l’éducation.

A côté de ça, nous intervenons dans des grandes entreprises et les PME pour les aider à innover comme des start-up. The Shared Brain prend 100% de mon temps maintenant.

Vous êtes aussi très actif sur LinkedIn. Comment cela vous est venu?

J’ai commencé il y a trois ans à poster, mais je le fais de manière plus intensive et structurée depuis six mois. J’ai reçu un retour qui n’était pas du tout attendu. La notion de personal branding est importante: tout entrepreneur est une marque et doit gérer son image. Cela favorise aussi le contact et le partage d’expérience.

Plusieurs entreprises et personnalités m’ont écrit pour que je les aide à mettre en place des stratégies pour leur présence digitale.

Mais le personal branding n’est-il pas contradictoire avec l’intelligence collective que vous défendez?

L’un n’empêche pas l’autre. On vit dans un monde où, sur un poste ouvert, les 450 CV envoyés seront les mêmes. Le personal branding est important et permet de montrer que l’on est orignal et créatif. Il n’empêche en rien l’intelligence collective. Le futur va être à l’intelligence collective.

C’est déjà le cas maintenant, on voit des groupes qui fusionnent et des concurrents qui collaborent. Ce regroupement est le meilleur moyen d’aller vite et loin. Après, au sein d’un groupe, l’individu doit aussi essayer de se démarquer.

Une des manières de se démarquer est l’entrepreneuriat que l’on valorise énormément. Vous pensez qu’il s’agit d’une vraie tendance ou d’une bulle?

Je pense que c’est l’avenir. Tous les systèmes viables actuellement vont évoluer. Ce changement est exponentiel. La technologie évolue à vitesse grand V et on a besoin d’entrepreneurs pour suivre ce rythme et trouver des innovations qui vont réussir à disrupter un domaine.

Le problème que je vois est que c’est un peu un mythe. Je donne des conférences dans plusieurs villes d’Europe et à chaque fois que je parle de start-up, les yeux des gens brillent. On veut tous se lancer. C’est bien, mais on valorise trop le succès et, du coup, l’entrepreneur se focalise là-dessus.

Il ne s’intéresse qu’à la finalité, mais n’arrive pas à voir toutes les étapes nécessaires pour y arriver. Il aime le but et pas le voyage. Au final, ce n’est une bulle mais il n’y a pas assez de sensibilisation à l’entrepreneuriat.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui se mettrait à son compte?

Il ne faut surtout pas chercher une idée. Je l’ai fait et ça a été ma grande erreur. J’ai beaucoup travaillé sur des projets avant de les lancer en voulant forcer le marché. La question à se poser est «quel problème je vais pouvoir résoudre?» Du coup, on peut vraiment répondre à un besoin et s’assurer des clients.

L’autre chose, c’est que je vois trop de gens qui veulent investir tout leur argent dans un projet. C’est bien d’être ambitieux mais il vaut mieux voir le plus petit possible et commencer gentiment. En partant avec zéro franc, on va vouloir être sûr que le moindre franc investi ait un retour maximal.