En s’appuyant sur les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, d’aucuns pourraient penser que la création d’entreprise s’apparente à la roulette d’un casino. Pair/impair, noir/rouge: une chance sur deux de connaître le succès? En matière de business, les choses ne sont pas si simples et c’est bien pour cette raison que l’on parle du «management des risques». Ce dernier inclut, en toute logique, le panel des erreurs à éviter pendant l’élaboration d’un projet entrepreneurial.

En effet, sur le nombre de dépôts de bilans recensés au cours des cinq premières années d’existence, un taux significatif relève de la méconnaissance des pièges qui jalonnent une phase d’élaboration de projet. Certains sont à effet immédiat, et d’autres à effets différés sur le moyen-long terme. On les classe en quatre grandes familles.

Risques liés au produit

Est-il pertinent d’ouvrir un magasin de chaussures dans une région où tout le monde marche pieds nus? Oui, vous diront certains car le potentiel commercial est énorme. Non, vous dirons d’autres car il ne sert à rien de vendre un produit dont personne n’a la nécessité. Qui a raison? Qui a tort? Vous aurez beau spéculer sur cette question pendant des lustres; à ce stade, rien ne remplace une étude de marché.

En fonction des résultats, vous saurez s’il sera nécessaire d’investir prioritairement sur une stratégie commerciale ou alors, sur le volume et la diversité du stock, ou encore, prendre la décision de vous implanter dans une autre région.

Risques liés à la gestion

Tous les voyants sont au vert, les carnets de commandes sont pleins; cependant, la clé est presque sous le paillasson. Dans le monde des start-up, les problèmes de gestion sont la deuxième cause d’échec. Ils relèvent d’un manque d’anticipation et d’une méconnaissance fondamentale des mécanismes financiers liés principalement à la capitalisation, aux fonds de roulement, ainsi qu’aux besoins en trésorerie.

Pour avoir fait l’économie d’un expert en la matière, pour avoir été dans l’incapacité d’appliquer un business model fiable en phase de lancement, 25% de start-up à fort potentiel sont mortes par asphyxie à peine sorties de leur couveuse.

Risques liés aux compétences techniques

L’idée est bonne, mais le produit ou le service présente des failles, des lacunes. En quelques mois, la réputation de l’entreprise est remise en question. Les ventes accusent un fléchissement, le volume des retours n’est plus gérable, les plaintes affluent. Il s’agit d’un des pires scénarios catastrophe pour une jeune entreprise.

Cette problématique est en général directement ou indirectement liée aux carences en gestion prévisionnelle évoquées précédemment. Il peut en résulter l’emploi de collaborateurs à bas salaire, donc peu qualifiés et peu motivés, l’achat de matières premières douteuses, l’incapacité à pouvoir financer de la formation continue, sans compter la faible rentabilité inhérente à la production, à la logistique, à l’organisation générale.

Autres risques

Viennent ensuite les risques et les pièges liés à la législation, comme le fait de choisir un statut juridique peu ou pas adapté aux activités de l’entreprise. La communication quant à elle joue un rôle majeur. On ne peut faire l’impasse d’une bonne visibilité et surtout, d’une image inspirant confiance et sérieux.

A l’autre extrême, certains se sont ruinés en campagnes publicitaires mal ciblées ou dans le mauvais timing. Enfin, le facteur humain est une donnée fondamentale à prendre en considération. Elle relève de la personnalité de l’entrepreneur, de ses compétences, mais aussi de l’environnement familial et des éventuels associés.

Prendre conseil

De nombreuses structures proposent un accompagnement aux créateurs d’entreprise. Y faire appel offre bien des avantages. Leur expertise permet en effet d’éviter les pièges et de mener son projet en toute sérénité.