Quels sont aujourd’hui les obstacles que rencontrent les créateurs de start-up?

Ils peuvent être différents selon les situations. Le premier est généralement le manque de réseaux. Il n’est pas facile de savoir à qui s’adresser ou comment atteindre les personnes qui peuvent nous aider à nous développer. Ensuite, le financement reste une difficulté dans la grande majorité des créatrices et créateurs d’entreprises.

Comment, en tant qu’entrepreneur confirmé, pouvez-vous les aider?

Le financement reste une difficulté pour la grande majorité des créatrices et créateur d'entreprises

De plusieurs manières. Par exemple, j’ai la chance d’être le président du Réseau Entreprendre Suisse Romande. Il s’agit d’un réseau de dirigeant-e-s d'entreprises qui accompagnent les nouveaux entrepreneurs. Là, le savoir, les contacts et l’expérience de ces entrepreneur-e-s sont partagés afin de booster la nouvelle entreprise. Tout cela se fait dans un élan de générosité très puissant.

Il existe de nombreux prix ou concours en Suisse romande, sont-ils utiles?

Oui, ils permettent de mettre en avant certaines nouvelles entreprises et ainsi accélérer leur lancement. C'est pourquoi nous venons de créer un prix en collaboration avec la télévision. Un panel de conseillères et conseillers très expérimentés sélectionnera puis accompagnera des start-up romandes. Plus que le prix, c’est la visibilité, l’opportunité de financement et l’expérience qu’ils gagneront toutes et tous.

Quand un entrepreneur vient vous voir, par quoi commencez-vous?

On commence par analyser ensemble quelle est sa stratégie. Souvent, les dirigeant-e-s d’entreprises, surtout lorsqu’ils sont jeunes, se sentent un peu seuls face à tous les choix qu’ils doivent faire. Ils ont donc besoin d’entendre que quelqu’un partage leur vision et pense qu’ils sont sur la bonne voie ou qu’ils ont pris les bonnes décisions.

Diriez-vous donc qu’il y a un manque de confiance en soi et une peur de l’échec en Suisse?
Pas particulièrement en Suisse, non. Par contre, notre société nous pousse à cacher nos échecs. Pourtant, c’est grâce à ceux-ci que nous avons appris et pu construire quelque chose de plus grand. Un bon mentor pour une start-up est donc quelqu’un qui aura, aussi, eu des échecs parmi ses succès et en aura tiré des leçons.