Profil

Jean-Claude Biver
Depuis le 1er mars, il est à la tête du pôle horloger de LVMH. Parallèlement, il exerce toujours sa fonction de Président de Hublot, la marque qu’il a amenée au sommet. Travailleur acharné, le Suisse d’origine luxembourgeoise a connu ses premiers succès chez Blancpain et Omega. Depuis le début des années 2000, il cumule également des prix et récompenses en horlogerie, management et communication.

Voyez-vous davantage le voyage d’affaires comme un privilège ou une contrainte?
Un double privilège! Le premier est la découverte de coutumes et de gens différents. Il suffit de se déplacer ne serait-ce qu’à Zurich pour rencontrer une diversité qui nous enrichit, nous ouvre l’esprit et nous permet d’assimiler les différences. Le deuxième privilège est d’aller vers le client. Pourquoi? Parce que le client est notre roi. C’est donc un honneur de rencontrer les rois en personne, de les écouter et d’apprendre d’eux. Leur satisfaction, leurs attentes, les futures tendances, vous apprendrez tout cela d’un voyage d’affaires.

Vous êtes plutôt First Class ou Easyjet?
Pour une destination comme Paris, le train ou un vol low cost vont très bien si les horaires conviennent. Cela dit, si je dois y être à 6 h du matin, je serai obligé de prendre un avion privé.

Mais, vous tenez quand même à un certain confort?
Oui, dès que le confort est un élément de profit. A ce moment-là j’en recherche un maximum. Celui qui voyagerait en First et qui aurait besoin d’une nuit d’adaptation, c’est un type qu’on peut sans problème envoyer en business ou en classe éco. La semaine dernière, j’ai voyagé en première classe vers Hong Kong. Atterrissage à 15 h, premier rendez-vous douché rasé à 16 h avant d’enchaîner les rencontres jusqu’au bout de la nuit. Mais il ne faut pas me plaindre. J’ai eu le privilège de voyager en première, il est donc normal à mes yeux que je rende ce privilège en travaillant dans la foulée.

Quand est-ce que le voyage peut être remplacé par une visioconférence?
Jamais! A part s’il s’agit de chiffres. Que vous soyez en face ou non de votre interlocuteur, 1+1 fera toujours 2. Pour tout le reste, le réel contact visuel est simplement capital.

Et comment faites-vous pour ne pas souffrir du décalage horaire?
Je veille à ne jamais m’arrêter de travailler. Quand il n’y a pas de trou ou de pause dans la journée, le jetlag n’a pas le temps de se faire sentir. C’est simple.