Globalement, le nombre de travailleurs expatriés s'installant en Europe est-il en hausse ou en baisse ? Qu'est-ce qui l'explique ? 

Le nombre d’expats est en hausse, mais leur profil change. L’Europe semble avoir un manque de génies informatiques, ingénieurs chimiques, électroniques et autres, spécialistes en assurances et finances. Le monde n’est plus qu’un village, son peuple de plus en plus nomade. Les expats sont plus nombreux, mais plus jeunes, plus spécialisés, restent moins longtemps et sont prêts à redéménager après 2 ans déjà vers une autre destination.

A quelles problématiques sont aujourd'hui confrontés les expatriés en Europe ? 

Le premier obstacle c’est le permis de travail pour les non-européens. Malgré l’introduction de la carte bleue européenne, les conditions d’entrée au marché de l’emploi sont totalement différentes d’un pays européen à l’autre.

La croyance populaire voudrait que le statut d'expatrié est très privilégié. Est-ce toujours le cas ? 

Je ne sais pas où en est la croyance populaire. Si elle est toujours au cliché de la famille américaine avec le papa CEO d’une grosse boîte internationale, la maman qui s’occupe d’une ribambelle d’enfants et joue au tennis et au piano pour se divertir, alors ils se trompent. Ce segment d’expats est en voie de disparition. Ceci dit, les expats de nos jours ont à travers l’Europe – avec des nuances de pays en pays – des privilèges de taxes, d’impôts sur les revenus. C’est un mécanisme de calcul très compliqué, mais en gros, oui, un expatrié est plus souvent privilégié que le contraire.

Quel est l'état économique du secteur des services aux expatriés ? 

Le secteur de la relocation se porte bien. Nous avons souffert des crises économiques de 2001 et de 2008 comme tout le monde, sauf que nous étions au courant des nuages sombres avant la majorité des gens; si les multinationales n’engagent pas d’expatriés, c’est mauvais signe.