Depuis une dizaine d’années on assiste à une fantastique évolution du marché du conseil juridique et en particulier du marché des études d’avocats. Des études de plus en plus importantes apparaissent et cherchent à s’imposer par leur taille, les spécialistes qu’elles comptent en leur sein et leur expérience. 

L’union fait la force…

Ces grandes études qui se concentrent essentiellement à Genève et Zurich ont atteint une taille impensable il y a quelques années: de 120 à 180 avocats pour les quatre plus importantes de Suisse et plus de 100 avocats pour une dizaine d’études. Schellenberg Wittmer à Genève concentre par exemple plus d’avocats que certains barreaux de Suisse. Cette évolution du marché du conseil découle de la demande de la clientèle qui recherche des services de plus en plus efficients en termes de rapidité, de qualité et de coûts. 

… pour répondre aux exigences des clients. 

Comme l’explique Vincent Jeanneret, Managing Partner chez Schellenberg Wittmer, «Depuis 2 ou 3 ans la clientèle des études d’avocats demande davantage pour moins cher. C’est une tendance qui se vérifie dans plusieurs domaines mais qui se fait jour dans le domaine juridique. Elargir la capacité des études avec des avocats ultra spécialisés permet d’être très réactif par rapport à cette clientèle devenue très exigeante. Mais cela permet aussi des économies d’échelle grâce au partage des frais et à la mise en commun des ressources (IT, base de données, gestion optimale des RH, etc.» 

Préparer l’avenir

Ce n’est pas encore le modèle américain mais presque. Les études d’avocats en Suisse ont été appelées à se positionner sur un marché influencé par les canons étrangers et comme l’affirme Vincent Jeanneret, «il est vital pour l’économie suisse que le marché du conseil juridique s’organise de la façon la plus optimale.» Sinon le risque serait de voir se produire en Suisse ce qui s’est passé dans d’autres pays, comme en Italie ou en Allemagne, où des études anglo-saxonnes plus grandes et plus organisées sont venues s’approprier les marchés locaux. Pour préparer l’avenir, il faut donc pouvoir notamment compter sur certains acteurs d’une certaine taille, organisés en interne de la manière la plus optimale possible. Le Tribunal fédéral a d’ailleurs abondé en ce sens, avec l’arrêt du 7 septembre 2012 qui permet désormais aux avocats de s’organiser sous la forme d’une société de capitaux.