Lorsque l’on apprend que son conjoint doit ou veut partir travailler à l’étranger, la réaction oscille généralement entre l’excitation de la découverte et l’angoisse de tout perdre. Un sentiment bien naturel, mais qui ne s’exprime que rarement de manière libre, de peur de nuire à la carrière de celui qui doit partir. L’enjeu est alors de taille pour le conjoint: rien n’est fait pour protéger sa carrière à lui. Et il se produit un effet d’entraînement collectif le faisant glisser progressivement vers l’abandon de ses ambitions: la culture de la communauté des expatriés organisée autour du rôle de support de carrière du conjoint, la lourdeur des démarches liées à l’installation à l’arrivée, l’absence de support de l’expatrié qui doit lui-même assumer une prise de poste à fort challenge.

Tout mettre dans la balance

Une majorité des échecs de l’expatriation est due à l’inadaptation du conjoint et aux problèmes de couple qui peuvent en découler. En 2015, la mobilité concerne généralement un couple de professionnels. Le positionnement professionnel du conjoint est donc devenu le nouvel enjeu majeur du succès d’un projet de mobilité. Ce dernier devrait être préparé de la même manière, avec la même minutie, pour les deux parties du couple. D’ailleurs, certaines entreprises commencent à le comprendre et proposent divers services d’orientation et d’aide au conjoint de leur employé. Enfin, lorsque trouver un emploi n’est vraiment pas possible dans l’immédiat, la création d’une activité indépendante, un engagement associatif ou la pratique d’un loisir très prenant doivent être réfléchis pour compenser momentanément un emploi.