Comment se fait-il que la Suisse ait accès à la mer ?

Historiquement, le Rhin a toujours été un moyen de communication important. L’année 1868 marque la signature de la constitution pour un règlement supra national du transport fluvial, l’acte de Manheim. C’est la Commission centrale de navigation du Rhin (CCNR) qui est depuis chargée de l’exécution de ce contrat dans tous les pays membres, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, France et donc la Suisse. Ce règlement est le plus libre dans le monde en matière de transport. Il permet un accès à la mer sans péage.

La Suisse a le droit de transporter, charger et décharger des biens tout au long du Rhin. 

Il y a un trajet effectué en particulier ?

Le plus fréquent est la liaison vers les 2 grands ports maritimes. Pour Rotterdam, cela concerne le 50% des échanges et 45% pour Anvers. Ensuite nous comptons 5% de trafic intérieur. 

Quelle est l’importance de ce type de transport ?

C’est un accès direct de l’économie suisse aux chaînes logistiques mondiales, le plus gros volume n’est pas l’avion. Celui-ci représente uniquement 1% dans le monde alors que le transport maritime représente lui, 90%.

Alors comment se fait-il que cette liaison entre la Suisse et les ports maritimes soit si peu connue du grand public ?

Nous sommes un pays exportateur, la moitié de notre richesse vient de ce commerce extérieur. Mais ayant la vue sur un pays continental et alpin, nous n’avons pas le sentiment que la réalité est liée à ces échanges mondiaux.

Bâle est vraiment la ville principale pour le transport de marchandise ?

Oui en Suisse, 40% des marchandises transitent par Bâle par la route, le rail et le transport fluvial qui à lui seul représente 17%.

Quelles marchandises sont transportées sur le Rhin ?

Pour 48% il s’agit de produits pétroliers, mazout, essence, gazole. Ensuite nous avons 12% pour l’acier et les métaux, 12% pour les produits agricoles comme le blé, le maïs et le soja, 12% encore pour les engrais et produits chimiques. Enfin, 8% des marchandises transportées concernent les pierres, l’industrie de la construction. Nous chargeons également des machines qui dépassent les normes pour le transport routier ou sur le rail. L’an dernier, 100’000 conteneurs ont ainsi été traités.

Depuis quand la structure actuelle existe ?

Les Ports rhénans suisses sont en concurrence avec ceux de Strasbourg et les grands ports allemands.

Il y a 3 ans et demi les pouvoirs politiques ont décidé de fusionner les 2 ports cantonaux de Bâle ville et Bâle campagne, créer ce port rhénan afin de renforcer la stratégie de développement et utiliser encore mieux les espaces à disposition.

Vous importez ou exporter principalement ?

Nous sommes principalement un port d’importation, 80% des biens transportés sont de l’importation, des biens de masse de 1ère ou 2ème matière.

Où sont stockées les marchandises ?

Dans le domaine pétroliers il y a d’importants stocks, directement dans le port nous disposons d’une capacité de 1 million de mètres cube. Les silos pour les produits agricoles représentent 400’000 mètres cube.

Vous constatez une augmentation de la demande ?

On remarque une différence selon les produits. Pour le chauffage de maison la tendance est au recul car on substitue de plus en plus le mazout. Par contre il y a une forte croissance des transports en containers, notamment pour les produits agricoles et les biens de consommation. Raison pour laquelle des capacités supplémentaires sont nécessaires. Nous planifions une augmentation pour arriver à 200’000 unités (The twenty-foot equivalent unit), contre 50’000 dans les terminaux actuels.

Il y a des projets dans ce domaine ?

Un groupe parlementaire de navigation a été crée pour expliquer l’importance de la voie fluviale pour l’économie Suisse. Avec les ports voisins côté français et allemand, nous avons l’intention de renforcer nos capacités communes et l’activité marketing dans le cadre du « Joint-venture RheinPorts Bâle-Mulhouse-Weil ».

Et nous avons en projet un terminal trimodal avec les CFF. Ce nouveau terminal sera stratégique et alimentera également le futur tunnel de base du St-Gothard.