Au-delà de l’avantage concurrentiel, le big data est aussi l’occasion de personnaliser services et produits utiles à la société rappelle le Dr Marcin Pietrzyk, expert du secteur depuis plus de dix ans.

Qu’est-ce que le big data?
Ce sont des données numériques massives provenant de partout: des messages que nous envoyons, des vidéos que nous publions, des informations climatiques, signaux GPS, textes, images… et bien d’autres encore.

L’enjeu du big data est de capter ces gigantesques flux pour les exploiter et s’en servir pour améliorer la production d’un produit ou la personnalisation d’un service.

Le big data est aujourd’hui essentiel dans plusieurs secteurs tout en ayant un vrai impact sur l’activité des entreprises. 

Concrètement, comment cela peut-il aider une entreprise à être plus performante?
Ce qui se passe dans le domaine de l’industrie pharmaceutique est assez révélateur même si dans beaucoup d'autres secteurs le big data est d’une grande utilité.

Dans le domaine médical, un seul traitement va être prescrit à des millions de patients.

Or nous sommes tous différents. Le big data permet d’analyser les habitudes des patients, les données des appareils comme des traqueurs cardiaques ou des smart band connectées.

Cela permet d’établir des traitements personnalisés et plus efficaces.

Dans le domaine de la finance, cela peut prévenir l’argent sale, en détectant les mouvements financiers suspects.

Dans le domaine industriel, l’aérien par exemple, à chaque vol un avion va produire énormément de données.

Elles seront ensuite analysées et permettront de prévenir les risques de problèmes techniques.

Cela va forcément réduire les coûts et optimiser le fonctionnement des appareils. Le big data est aujourd’hui essentiel dans plusieurs secteurs tout en ayant un vrai impact sur l’activité des entreprises. 

Le big data se développe énormément depuis plusieurs années, quels sont ses prochains enjeux?
Deux secteurs pourraient largement bénéficier de cette analyse des données, notamment le domaine de la législation. Un avocat doit produire énormément de documents très précis.

Le big data pourrait largement l’aider dans cette tâche pour lui permettre de se concentrer sur la plaidoirie par exemple. C’est un gain de temps et de performance incontestable.

Idem pour le diagnostic médical. Vous avez un problème de peau, vous prenez rendez-vous chez un dermatologue; vous faites la queue, c’est long et parfois coûteux pour un diagnostic souvent très rapide.

Imaginez une application sur votre smartphone, vous prenez une photo de votre parcelle de peau et l’application vous donne instantanément un diagnostic.

Cela ne va pas remplacer les médecins ni l’humain mais permet d’automatiser et de faciliter un certain nombre de tâches.

A terme, cela risque-t-il de remplacer le savoir-faire humain?
Non, pas du tout car pour traiter le big data nous aurons toujours besoin de talents humains.

Docteurs en sciences informatiques, développeurs ou chercheurs… sont essentiels pour que le big data soit exploité de manière utile.

Malheureusement, très souvent ces talents sont employés par de très grandes entreprises pour optimiser le rendement de l’activité ou la publicité et faire du chiffre.

J’espère qu’à l’avenir ces talents se dédieront de plus en plus à des choses utiles à la société, c’est cela aussi améliorer les performances!

Pour en revenir à l’humain, l’autre enjeu essentiel est de sécuriser ces données parfois très sensibles pour assurer le respect de la vie privée des gens.