Heureusement, beaucoup d’indicateurs sont au vert: pour la deuxième année consécutive, la Suisse est en première place de l’indice mondial de l’innovation qui dresse le palmarès des nations les plus innovantes.

Pour Nasrat Latif, producteur et présentateur de l’émission «Entrepreneurs» sur La Télé, l’avenir des PME suisses est bien liée à leur capacité d’intégrer de nouvelles technologies, fer de lance de l’innovation et donc du succès. 

Quelles sont les grandes dernières tendances en termes d’évolution des PME suisses?

Les industries se font plus rares alors que les commerces et prestataires de service augmentent.

Le secteur commercial tend ainsi à remplacer de plus en plus la production. Exception faite d’une partie des entreprises misant sur la plus-value apportée par le «Swiss made».

Malgré une situation économique encore délicate, nombre d’acteurs industriels historiques réussissent à maintenir les forces de production en Suisse grâce, essentiellement, à une optimisation des coûts, au savoir-faire suisse et à une course effrénée à l’innovation.

L’avancée de la Suisse concernant l’innovation est donc cruciale pour l’avenir de l’économie suisse. C’est probablement sa planche de salut.

Les nouvelles technologies sont-elles au centre de ces innovations?

Les nouvelles technologies sont incontournables pour assurer la compétitivité de la Suisse, la qualité de ses produits et services ainsi que sa culture de l’innovation.

L’avancée technologique des entreprises est aussi liée aux décisions politiques.

Il est heureux de constater une réelle prise de conscience de certains enjeux, comme l’importance de développer le réseau 5G.

Concernant internet, je pense que l’on sous-estime encore grandement les (r)évolutions à venir. Prenons d’abord des outils déjà existants et largement utilisés:

  • L’e-commerce redistribue de nombreuses cartes, il suffit de voir la situation difficile des commerces dans de nombreuses villes. Cela concerne tout autant les grandes enseignes qui réduisent drastiquement leurs coûts tout en développant fortement l’e-commerce.
  • Internet rend les tarifications transparentes, le client paie donc le prix juste dès lors qu’un grand nombre d’intermédiaires disparaissent. Cette tendance va s’accentuer de manière brutale avec le développement de la blockchain, présentée comme la prochaine révolution numérique. Loin d’être une utopie, elle est aujourd’hui considérée avec le plus grand sérieux par d’importantes institutions.

Enfin, l’externalisation de certains départements par les PME. Cela existe depuis longtemps, mais la numérisation accélère et facilite cette démarche. Nombre d’acteurs proposent aujourd’hui de s’occuper de certaines tâches.

Que ce soit dans l’administration, la comptabilité ou l’IT. Il existe une start-up qui par exemple propose de gérer vos ressources humaines avec des outils novateurs et simples d’utilisation.

Peu de ces nouveaux venus sont rentables actuellement, mais il y a de grandes chances de les voir évoluer ces prochaines années.

Y a-t-il des nouveautés en termes de nouvelles technologies qui pourraient bientôt révolutionner le marché des PME, notamment dans le secteur financier?

Les fintechs sont une étape cruciale pour le secteur financier suisse. Là aussi, il est heureux de constater que les autorités en sont conscientes.

Cet été, le Conseil fédéral a assoupli les règles pour permettre l’émergence de nouvelles PME spécialisées dans les technologies financières.

Berne soutient ces jeunes pousses qui concurrencent les banques traditionnelles mais qui, en même temps, représentent l’avenir de la place financière suisse.

Conscientes de ce changement de paradigme, les grandes banques investissent de manière importante dans ces nouvelles PME.

Cette décision a été prise sous une certaine pression au vu de l’avancée de certains pays en la matière, en particulier Singapour.

Ces technologies ont pour conséquence une simplification notable des modes de paiement, que ce soit en B2B ou B2C.