Pouvez-vous nous décrire ce qu’est smart living lab

Il y a six ans, le canton et la ville de Fribourg ont eu l’opportunité de reprendre l’ancien site de production Cardinal dans l’objectif de créer un pôle d’innovation technologique.

Smart living lab s’inscrit comme pivot central de cette structure dont la vocation est de stimuler la recherche et l’innovation. Il réunit des chercheurs de la HEIA-Fribourg (HES-SO), de l’Université de Fribourg et de l’EPFL.

Ainsi, nous avons les conditions favorables pour innover sous de multiples regards et la capacité de pouvoir transférer ces innovations aux entreprises et aux institutions publiques.

Parmi vos projets, il en est un qui nous intéresse particulièrement dans le cadre de notre campagne, à savoir, le bien-être au travail.

En effet, nous menons actuellement le projet «Multi-confort» dont l’objectif est d’identifier les paramètres qui améliorent les conditions de vie des employés tout en assurant une efficacité énergétique et une optimisation des surfaces de travail.

Contrairement à la plupart des études très spécifiques et sectorielles, le projet «Multi-confort» est une approche globale qui s’intéresse à l’ensemble des facteurs liés au bien-être des personnes. D’une part, il y a la dimension physiologique, comme la qualité de l’air, l’acoustique, la lumière, la température et d’autre part, la dimension psychologique.

Avez-vous déjà des résultats?

La Suisse est un pays performant en matière d’infrastructures, donc de confort physiologique. Le niveau de vie est relativement confortable comparé aux pays voisins; les couvertures sociales sont rassurantes et pourtant 50% des travailleurs sont en proie à un stress chronique sur leur place de travail.

Ainsi, à eux seuls, le confort physiologique et les bonnes conditions salariales ne garantissent pas le confort global dont un employé à besoin pour être efficient dans son travail.  

Quelle est, selon vous, l’origine de ce stress?

Les études en cours commencent à mettre en exergue certaines problématiques; par exemple, le fait que la priorité a été accordée au confort physiologique au détriment du confort psychologique.

Or, ces deux dimensions sont étroitement liées, voire inséparables. Nous avançons dans la compréhension de ce paramètre afin de replacer le travailleur au centre de son environnement.

A ce titre, nous inventorions et analysons l’intégralité des facteurs en lien avec le bien-être sur la place de travail et ce, sur tous les axes. Par ailleurs, nous testons sur nous-mêmes certaines composantes.

Lorsqu’ils seront publiés, les résultats de cette étude permettront aux entreprises de mieux comprendre les tenants et les aboutissants d’une telle démarche et ainsi offrir à leurs employés de meilleures conditions de travail avec pour corollaire une performance accrue.