Ni trop, ni trop peu… comme souvent. L’outsourcing se concentre sur la recentralisation des activités, l’analyse des dépenses et des investissements. De multiples facettes mais aussi quelques limitations. Toutefois, il est indéniable que les avantages d’une externalisation bien conduite sont nombreux pour une entreprise. Mais il faut rester vigilant vis-à-vis des frais cachés et de la fuite des compétences.

Nous avons rencontré Madame Suzanne de Treville, professeur à l’Université de Lausanne et à l’Institut de Recherche en Management, spécialiste en opération management.

L’outsourcing est très lucratif en Suisse

Environ 2 milliards en Suisse et 530 milliards au niveau mondial, un marché colossal que celui de l’outsourcing! Les entreprises n’ont jamais autant externalisé afin (a) de se concentrer sur le cœur des métiers de l’entreprise, (b) d’innover, ou (c) de réduire les coûts. En s’étendant à une multitude de domaines (audit, formation, gestion du personnel, innovation, finances, outils logistiques, restructuration), l’externalisation est devenue une solution intéressante pour les entreprises.

Mais les modalités d’externalisation sont aussi variées que nombreuses et il est capital pour une entreprise de mener, en amont et en interne, une analyse détaillée de la situation économique de la société ainsi que de ses objectifs pour choisir de manière adaptée et optimale les modalités d’outsourcing. Les acteurs de l’outsourcing l’ont bien compris et n’hésitent pas à engager les meilleurs candidats pour offrir la meilleure analyse possible à leurs clients.

Au sujet de l’outsourcing avec délocalisation, prudence oblige… Comme nous le précise le Professeur de Treville, «Même si le prix à l’étranger semble être 20 à 30 % moins cher, la réduction de flexibilité et la perte d’accès aux compétences techniques sont coûteuses pour une entreprise». Le défi pour les entreprises et les consultants consiste à établir une bonne relation entre les deux parties.

Ce lien de confiance est indispensable pour atteindre les objectifs établis par les entreprises. L’outsourcing, le nouveau business model à suivre? Pas si sûr; mais arrêtons-nous sur une de ses formes, bien particulière. 

L’insourcing, la solution de demain?

Un nombre croissant de sociétés tendrait à pratiquer l’insourcing de manière à garder un certain contrôle de l’activité confiée au partenaire externe. Dans ce cas, la société mandatée délèguera sur site des collaborateurs professionnels. Comme nous le précise le Professeur de Treville, «des sociétés aux USA ont augmenté leur compétitivité, leur marge et leur revenu par employé en augmentant leur effectif par le insourcing et onshoring.

Parmi les chercheurs internationaux exerçant dans ce domaine, le sentiment général de plus en plus répandu est que le potentiel pour le outsourcing a été très vite réalisé; suivi par une longue période de outsourcing faisant apparaître beaucoup plus de coûts que ceux prévus et beaucoup moins de bénéfices que promis».