FAITS

En Suisse, 1 entreprise sur 7 est fondée par une femme: 72 % dans le domaine des services et 12 % dans l’innovation. De plus en plus de femmes créent des start-up technologiques et n’ont pas plus de problèmes à faire financer leur projet que les hommes. Néanmoins, il reste beaucoup de progrès à faire en Suisse pour permettre aux femmes de cumuler leur statut de mère et de professionnelle.

Quel est votre regard sur la start-up en Suisse ?

La start-up innovante et technologique est un moteur de l’entrepreneuriat en Suisse. Nous avons un pays qui ne peut pas compter sur ses matières premières, il mise donc sur sa matière grise. Nous avons un cadre idéal à l’innovation avec des formations de pointe, des incubateurs pour start-up et des technopôles qui permettent aux jeunes pousses de côtoyer des PME et l’industrie. Cependant, il ne faut pas oublier le domaine de l’artisanat et des services qui est très important.

Quels sont les secteurs d’innovation en Suisse ?

On performe dans la nutrition, l’industrie des machines, la microtechnique, la pharma, domaines traditionnels mais aussi, les biotechnologies et le médical et bien sûr le numérique. Ce sont des domaines dans lesquels la Suisse s’impose aujourd’hui, mais qui n’atteignent pas les succès mondiaux que certains attendaient.

C’est-à-dire ?

Je dirais que le client est soit local, soit global. On ne peut réussir que dans ces deux extrêmes. Pour rentabiliser son projet, il faut tout de suite s’implanter à l’étranger pour y développer un réseau relationnel et commercial. C’est plus facile quand le marché national est grand.

Selon vous, quelle est la clé du succès ?

Il faut être innovant et remplir un besoin réel chez le consommateur pour lequel il est prêt à payer. Ensuite, il faut bien choisir son équipe, elle doit comporter des profils complémentaires. J’ai vu de bons projets échouer à cause d’une équipe qui ne tenait pas la route. Il faut aussi assurer son financement, ce qui n’est pas toujours facile et avoir une communication efficace. Passer d’une découverte scientifique au produit final coûte cher. Frapper assez tôt aux bonnes portes permet à une start-up d’éviter l’essoufflement. Nous avons la chance d’avoir de nombreux prix destinés aux jeunes entrepreneurs ainsi que des fonds publics ou privés pour ces premières étapes.

Comment la Suisse peut s’améliorer en termes de compétitivité ?

Peut-être en défiscalisant le financement de l’industrialisation. Aujourd’hui, en Suisse, il est relativement facile de trouver de quoi financer un prototype, mais dès qu’il s’agit de l’industrialiser c’est vraiment difficile contrairement à d’autres pays. Il faut tout faire pour soutenir nos entreprises dans cette phase.