Selon une étude Gallup, le pourcentage des employés non engagés dans leur travail serait de 76% en Suisse. Ce sont principalement des collaborateurs qui remplissent correctement leur cahier des charges sans pour autant afficher une quelconque motivation à se lever le matin pour se rendre au travail.

Dans bien des cas, ça n’est pas seulement la nature des tâches qui est la cause de ce non-engagement, mais également l’environnement professionnel; particulièrement l’aménagement de l’espace de travail.

Cela se vérifie notamment dans les secteurs administratifs où, chaque jour, ces personnes s’installent devant leur PC le matin et ne bougent plus de leur place de travail jusqu’au soir.

Cette inertie forcée aurait tendance à «plomber» le moral, le dynamisme et la productivité des employés, sans compter les problèmes de santé en lien avec le fait de rester statique.

Nomadisme digital intra-muros

Ce modèle pourrait néanmoins devenir de l’histoire ancienne à moyen terme. En effet, nous assistons à l’émergence d’un nouveau paradigme dont l’idée est d’offrir aux collaborateurs de multiples espaces de travail dont ils peuvent jouir librement en fonction de leur envie du moment et de la tâche à accomplir.

Les entreprises, ayant pour objectif le bien-être de leurs salariés autant que la productivité, s’engagent dans l’implémentation de ces concepts appelés flex office, activity based working ou encore smart-office. Il est en effet démontré qu’un lieu d’échanges comme la cafétéria peut stimuler la créativité, que la position debout redynamise, ou qu’un espace zen permet à un collaborateur de se ressourcer afin de laisser émerger des idées nouvelles.

La mise en œuvre de ces nouveaux concepts est rendue possible par la digitalisation des entreprises. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire pour un employé d’être installé à son propre bureau pour effectuer ses tâches; il a la possibilité d’être connecté à son univers de travail n’importe où dans l’entreprise.

Il peut donc choisir l’espace en adéquation avec ses besoins du moment. Les avantages sont multiples, autant pour le collaborateur que pour l’entreprise.

Optimisation du mètre carré

En prenant en compte à la fois l’émergence de ce nomadisme, l’augmentation des temps partiels et les employés sur le terrain, en vacances ou en incapacité de travail, ce sont plus de 25% d’espaces de bureaux qui peuvent ainsi être mieux exploités.

Le ratio au mètre carré s’en trouve optimisé avec le double avantage d’offrir aux collaborateurs un confort de travail supérieur à la moyenne, et à l’entreprise de réaliser des économies substantielles. Nos voisins d’outre-Atlantique l’ont bien compris.

Il n’est donc pas étonnant que les employés américains affichent un taux d’engagement de 35% supérieur à la moyenne mondiale. En Suisse, les employeurs sont-ils prêts à laisser leurs collaborateurs travailler dans un canapé ou à la cafétéria? L’avenir nous le dira.