Les femmes sont aujourd’hui 12% dans les conseils d’administration et 4% dans les fonctions dirigeantes en Suisse. Que constatez-vous au sein de votre association?

Au sein des postes de cadres, les femmes représentent 18% de nos 12 000 membres. Elles sont surtout représentées dans les domaines des ressources humaines, de l’administration et de la communication. 

Si elles sont encore sous-représentées dans les hautes sphères de direction, le nombre de femmes dans des postes d’encadrement a tout de même augmenté au cours des vingt dernières années.

Comment expliquer cette situation?

Les postes de cadres sont très contraignants en termes de déplacements et d’horaires de travail. Même dans nos sociétés modernes, les femmes continuent d’assumer en premier lieu les obligations familiales et la responsabilité du ménage. La maternité représente également un frein à leur carrière.

Comment améliorer les choses?

Les femmes ne veulent pas travailler moins que les hommes. Elles souhaitent simplement mieux répartir leur temps. Une entreprise qui veut compter davantage de femmes doit offrir à ses employés une souplesse organisationnelle et leur proposer des modalités de travail flexibles, par exemple le partage de poste, le travail à temps partiel ou le télétravail.

Le développement de nouvelles formes d’organisation du travail, en particulier le management participatif, rendra service aux femmes. Aujourd’hui, les structures hiérarchiques sont moins rigides. Les salariés travaillent davantage par projets, au sein d’équipes, où ce sont d’abord les compétences qui comptent. Dans ce cadre, le leadership des femmes est très apprécié.

Les entreprises sont-elles conscientes de ces enjeux?

Les responsables s’accordent à dire que leur entreprise tire profit d’une plus grande participation des femmes à la direction. Les avantages de la diversité des équipes sont un fait acquis. Les équipes mixtes sont plus ouvertes et plus créatives, elles répondent mieux aux attentes des clients.

Certaines grandes entreprises appliquent déjà une politique d’égalité des sexes dans l’accès aux postes de cadres par la mise en place, par exemple, de quotas. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire, notamment en mettant mieux en avant le succès féminin au sein de l’entreprise.