En Suisse, le travail à distance est beaucoup plus fréquent dans les multinationales que dans les PME. Pourquoi?

Le télétravail est une pratique culturelle à laquelle il faut penser, réfléchir avant de la mettre en place. Or, la majorité des petites et moyennes entreprises l’imposent ou l’accordent à leurs employés sans avoir redéfini leur manière de travailler. Du coup, le travail à distance provoque souvent une réaction «épidermique». La mise en place du travail à distance exige un minimum de règles.

Quels sont les principaux freins?

Premièrement, les cadres ont souvent peur de perdre le contrôle de leurs employés. En général, les PME gèrent un plan de travail, un nombre de tâches déterminées à faire par jour ou dans la semaine. Or, le travail à distance se base sur des objectifs à atteindre. Ainsi, pour les atteindre, l’employé organise son temps comme il le souhaite. Les méthodes de management doivent donc être modifiées. Deuxièmement, les employeurs craignent souvent une baisse de la productivité. Mais des études prouvent que l’employé est entre 10 et 20 pour cent plus productif à la maison.

Comment l’expliquer? 

Le travail à domicile permet aussi de fidéliser l’employé, puisqu’on lui donne plus de liberté. Il est donc plus épanoui, plus motivé et surtout moins stressé. Il économise aussi du temps et de l’argent en ayant la possibilité de rester à la maison.

Quel est l’avantage pour l’entreprise?

Elle peut faire de réelles économies sur la surface de ses locaux. Avec ce système, elle peut par exemple mettre en place un bureau de deux places pour trois personnes qui se relayent pendant la semaine. Enfin, pour favoriser le travail à distance, les entreprises doivent privilégier «le zéro papier» en permettant à leurs employés d’accéder à leurs documents en ligne. Là aussi, c’est une économie pour l’entreprise, puisqu’elle peut réduire le volume de ses archives. 

Peut-on travailler uniquement à distance?

Maintenir des liens pour éviter les risques d’isolement semble indispensable. L’entreprise reste le lieu de socialisation par excellence, l’endroit où l’on échange et confronte ses idées. C’est pour cette raison que je propose souvent à mes clients d’imposer deux jours de travail dans l’entreprise, par exemple le lundi et le vendredi pour faire le point.