Le terme «coach», anglo-saxon, dérive du mot français «cocher», ce dernier issu lui-même du mot «kocsi» qui signifie diligence. Le «cocher» conduisait les voyageurs à leur destination. De nos jours, qu’il soit d’ordre personnel ou professionnel et quelles que soient les méthodes que le coach utilise, l’exercice du coaching a invariablement le même objectif: profiter d’un regard extérieur pour améliorer ses comportements. «Depuis notre enfance, nous avons pris l’habitude de réagir systématiquement de la même manière aux mêmes situations; prendre conscience de ces patterns permet d’adapter son comportement au présent», explique Sandra Korol, coach Suisse romande. Il s’agit donc généralement de trouver des solutions à un problème, qu’il soit précisément identifié ou non. L’ensemble de la démarche d’accompagnement est alors fondé sur des interrogations et le partage de la richesse d’un autre point de vue, d’une perspective différente sur les mêmes événements. C’est ainsi que la personne coachée va découvrir des réponses et des pistes de solutions. Naturellement, l’accompagnateur professionnel dispose en outre d’outils et d’exercices concrets qu’il pourra proposer pour accélérer le processus.

Une prise de conscience

Avant tout cela, il sera nécessaire que la personne accompagnée puisse réaliser que son attitude, ses réactions ou ses habitudes ne correspondent plus à la manière idéale d’agir dans son environnement. Pourtant, cette prise de conscience n’est pas d’emblée la raison pour laquelle on recherche un coach. En général, nous estimons que les causes de la problématique sont extérieures à nous. Le coaching part lui du principe qu’un problème n’existe que dans une crainte ou dans un schéma propre à la personne qui y est confrontée. «Nos stratégies développées durant l’enfance sont basées sur le besoin de survie, sauf qu’aujourd’hui nous ne sommes plus face aux mêmes dangers et nous avons de nouvelles aptitudes. C’est ce décalage qui fait que ce qui nous a autrefois aidés à survivre nous empêche désormais de vivre», ajoute Sandra Korol.

Personnaliser

Observateur privilégié, le coach qui voit les mêmes comportements humains et les mêmes situations se répéter peut avoir la tentation de suggérer rapidement la solution finale. Dans ce cas, il est bien connu que cette dernière ne sera pas aussi efficace que si, en prenant davantage de temps, on cherche à laisser venir la formulation de la solution dans la bouche de la personne concernée. En clair, le rôle du coach devrait se concevoir comme celui de Socrate chez Platon qui pratique la maïeutique. Cet accouchement n’ira pas, par contre, sans le deuil d’une partie de l’identité. «Ce n’est pas une phase facile, car la personne qui vient consulter un coach voudra garder le contrôle sur ce qu’elle maîtrise encore. Un réflexe naturel quand on traverse un moment compliqué. Il faudra pourtant laisser mourir une partie de soi pour passer à autre chose», conclut Sandra Korol.