La sécurité et la stabilité des banques passent avant tout par une réglementation adéquate. Quelles sont les priorités de l’ASB?

Pour l’année 2018, l’ASB a identifié douze priorités pour assurer un secteur bancaire suisse sûr et compétitif.

Outre une application différenciée de la réglementation Bâle III final en matière de fonds propres en fonction des spécificités des établissements bancaires et en accord avec l’Union européenne et les instances américaines, nous nous concentrons sur la numérisation et la modernisation des règles en matière de placements pour les fondations et institutions de prévoyance pour ne citer que quelques thèmes au cœur de nos préoccupations.
 

A chaque fois, nous veillons à ce que les réglementations soient différenciées, simples d’application, tiennent compte des dernières innovations voire les encouragent et soient définies en concertation avec le secteur privé et international.
 

En matière de sécurité des transactions bancaires, il y a-t-il encore des innovations ?

Oui absolument, et elles sont très nombreuses.

Parmi les plus importantes, nous pouvons mentionner toutes celles relatives à la cybersécurité et à la protection des données pour lesquelles il y a une véritable coordination à l’échelon national, tous secteurs confondus.

Hormis celles-là, citons encore la création d’une identité électronique (E-ID) qui permettra aux utilisateurs de s'identifier de manière correcte et sécurisée sur internet ou encore les systèmes de paiement offerts par les banques (par exemple TWINT) ou la fourniture de toute une panoplie de services financiers par des entreprises dites FinTech (contraction de Financial Technology).

La technologie blockchain est une source de progrès mais aussi d'inquiétudes. Comment pensez-vous qu'elle modifiera le paysage bancaire au cours des 5 prochaines années ?

Je pense que cette technologie est très prometteuse et qu’elle permettra la rationalisation de toute une série d’opérations répétitives et complexes. Selon les dernières estimations, les banques ont, l’année dernière, augmenté de 70% leurs investissements dans la blockchain qui leur permettra d’automatiser de nombreux processus et de réaliser d’importantes économies d’échelle.

Une étude de Deloitte datée de 2015 prévoit que les banques changeront leur modèle d’affaires en ne se concentrant plus uniquement sur les services bancaires dits classiques mais en offrant également une gamme de prestations beaucoup plus large telles que, par exemple, l’accompagnement du client dans un investissement immobilier (depuis l’achat du terrain jusqu’à la construction de l’immeuble).

Quelques institutions ont déjà amorcé cette nouvelle tendance en Suisse. Vous le voyez, les banques n’ont donc pas fini d’évoluer.