Pour découvrir l’univers de l’entreprenariat, nous avons fait appel à l’expert, Derek Barras, responsable de Venture Kick. Financée par des fondations privées, Venture Kick est une initiative spécialisée dans le milieu de l’innovation et des hautes technologies. Son objectif est de doubler le nombre de «spin-off» des hautes écoles et universités suisses en offrant un capital de pré-amorçage.

Quel est le potentiel de la Suisse en matière d’entre-prenariat?

Selon une récente étude, parmi les 20 pays dont l’économie est essentiellement basée sur l’innovation, la Suisse se situe au 6e rang et se hisse à la 2e place en Europe. Ces résultats sont dus aux très bonnes conditions mises en place en ce qui concerne les infrastructures, la valorisation de la recherche, les finances ainsi que les structures d’aide au démarrage. La Suisse se démarque aussi des pays voisins par la stabilité de son marché intérieur et la force de ses écoles de très bonne qualité.

Est-il est plus facile de démarrer en Suisse?

Les conditions cadres qu’offrent la Suisse et les structures existantes favorisent la création d’entreprises, nombre qui est d’ailleurs en constante progression. Un des domaines très convoité actuellement est l’informatique. En effet, démarrer son entreprise dans ce secteur est rapide et nécessite peu de moyens. De plus, et malgré un franc suisse fort auquel sont confrontées les entreprises suisses, la crise financière a tout de même été bénéfique en ce qui concerne notamment la peur de l’échec. En effet, cette peur a diminué. On constate un changement qui se base un peu sur le modèle des Etats-Unis «on peut essayer, et si cela n’aboutit pas, ce ne sera pas dramatique». Il existe aussi de nombreuses aides pour démarrer, notamment des formations financées par la confédération telle que Venturelab et également le soutien aux entreprises offert par les promotions économiques des cantons. Pour toutes étapes de création d’entreprise, vous pouvez obtenir du support et trouverez des personnes pour répondre à vos questions. Afin de valoriser la recherche, des initiatives telles que Venture Kick, qui offre entre autre un capital d’amorçage, rendent les startups plus attractives vis-à-vis d’investisseurs professionnels. Par la suite, ces nouveaux entrepreneurs peuvent faire appel à des investisseurs privés, tels que les «Business Angels». Et enfin, lorsqu’il s’agit de besoins financiers plus élevés et que le potentiel de croissance est important, un financement de la part de Venture Capitalistes est envisageable.

Quels éléments sont nécessaires pour entreprendre?

Il vous faudra tout d’abord connaître votre réel objectif, puis évaluer si cela correspond avec le potentiel de business et la stabilité de votre projet. Il faudra alors décider de quels sont les risques que vous êtes prêt à prendre. Mais avant tout, il faut avoir l’envie d’entreprendre et sortir de sa zone de confort. Pour cela, il faut avant tout avoir la capacité de trouver de bons partenaires et s’entourer de personnes qui possèdent les qualités que vous ne possédez pas. Au niveau financier, les fonds nécessaires pour lancer sa start-up sont de CHF 20000.– pour une Sàrl et de CHF 100000.– pour une S.A, dont 50% doivent être libérés lors de la constitution de la société. Dans la majorité des cas, ces fonds propres proviennent des «3F» qui sont «Family, Friends et Fools» il s’agit de l’entourage de l’entrepreneur qui est disposé à mettre de l’argent pour la mise en place de son entreprise. 

Qui décide d’entreprendre?

En Suisse, le souhait de créer son entreprise est élevé. En effet, environ 40% d’étudiants des hautes écoles ont déjà songé une fois à créer une entreprise. L’âge moyen des fondateurs de start-up issus de hautes écoles se situe à 29 ans.