Vous êtes active dans plusieurs entités pour promouvoir les femmes dans l’informatique, au niveau suisse et européen. Où en est notre pays?

Cela dépend: la Romandie est plutôt en avance, alors que la Suisse allemande est plus conservatrice. Si l’on regarde les chiffres, il y a moins de femmes actives dans la branche depuis cinq ans, mais le nombre d’étudiantes est actuellement en augmentation.

Au niveau international, nous avons beaucoup de retard même si la Suisse a une image de pays très égalitaire dans le business.
 

Et à titre personnel, comment cela se passe-t-il?

C’est dur, parce qu’on doit toujours prouver sa valeur, en faire plus que les hommes, surtout en début de carrière. Avec le temps, on apprend à relativiser les choses et mettre en avant sa personnalité pour être reconnue.

Comme il y a peu de femmes dans l’informatique, on devient vite connue et c’est un avantage. Quand je vais à l’étranger pour le travail, on me dit souvent: «Ah mais c’est vous, la femme de Suisse!»
 

Mais il est important d’être plus présentes dans la branche?

Oui, surtout avec des modèles forts. Des exemples de femmes qui ont réussi et qui montrent aux jeunes filles que c’est possible. En cette période de digitalisation, tout le monde doit participer à l’innovation, en s’inspirant du sexe opposé.

Les femmes communiquent, s’adaptent et travaillent mieux en groupe que les hommes: je le vois dans mon entreprise. De notre côté, nous devrions avoir plus confiance en nous, réussir à mettre en avant notre réussite et en être fières.